L’automne n’est pas encore là et pourtant, vous remarquez déjà des feuilles tombées au pied de votre arbre ? Ce phénomène peut être parfaitement naturel, notamment après une période de forte chaleur et de sécheresse.
Alors pourquoi un arbre perd-il ses feuilles en plein été ? Est-il malade ? Manque-t-il d’eau ? Faut-il intervenir ?
Découvrons ensemble ce qui se passe réellement et pourquoi la chute prématurée des feuilles est avant tout un mécanisme de protection de l’arbre.
Mon arbre perd ses feuilles alors que l’automne n’est pas là
Habituellement, la chute des feuilles est associée à l’automne. Avec la baisse des températures et la diminution de la luminosité, les arbres à feuilles caduques se préparent progressivement à entrer en dormance.
Mais lorsque les températures sont élevées et que les précipitations se font rares, certains arbres peuvent commencer à perdre leurs feuilles bien avant l’automne.
Ce phénomène est particulièrement visible après plusieurs semaines de sécheresse, lorsque le sol ne contient plus suffisamment d’eau disponible pour alimenter correctement les racines.
Les feuilles peuvent alors jaunir, brunir, se recroqueviller, puis tomber.
Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas forcément le signe que votre arbre est en train de mourir.
Pourquoi la sécheresse fait-elle tomber les feuilles ?
Pour comprendre ce phénomène, il faut regarder ce qui se passe à l’intérieur de l’arbre.
L’arbre a besoin d’eau pour assurer de nombreuses fonctions essentielles : la photosynthèse, le transport des nutriments et le maintien de ses tissus.
Lorsque l’eau devient insuffisante dans le sol, l’arbre entre progressivement en stress hydrique.
Il doit alors faire un choix : continuer à alimenter l’ensemble de son feuillage et risquer de perdre encore davantage d’eau, ou réduire sa surface foliaire pour limiter ses pertes.
Il choisit généralement la deuxième solution.
La chute des feuilles : un mécanisme de protection
Les feuilles jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement de l’arbre. Elles sont notamment le siège de la photosynthèse, qui permet à l’arbre de produire les sucres nécessaires à sa croissance et à la constitution de ses réserves.
Mais les feuilles sont également le principal lieu de transpiration de l’arbre. L’eau absorbée par les racines circule jusqu’aux feuilles dans les vaisseaux du xylème. Une partie de cette eau est ensuite libérée dans l’atmosphère sous forme de vapeur d’eau, principalement au niveau des stomates.
Lorsque le sol s’assèche et que l’eau devient moins disponible, l’arbre entre en stress hydrique.
Pour limiter ses pertes en eau, il commence notamment par fermer ses stomates. Cette réaction permet de réduire la transpiration, mais elle limite également l’entrée de CO₂ dans les feuilles et entraîne donc une diminution de la photosynthèse.
Si le déficit hydrique se prolonge ou devient trop important, certaines essences peuvent alors réduire leur surface foliaire en faisant sécher et tomber prématurément une partie de leurs feuilles.
Cette défoliation permet à l’arbre de limiter davantage sa transpiration et donc ses pertes en eau. La chute prématurée des feuilles constitue ainsi une stratégie de défense face au stress hydrique.
Cependant, cette adaptation a un coût physiologique : avec moins de feuilles et une photosynthèse réduite, l’arbre produit moins de sucres et peut donc constituer moins de réserves pour la suite.
Dans les situations de sécheresse sévère ou prolongée, le manque d’eau peut également perturber le transport de la sève dans le xylème et provoquer des phénomènes de cavitation et d’embolie, susceptibles d’entraîner le dépérissement de certaines parties de l’arbre.
Faut-il arroser un arbre qui perd ses feuilles ?
C’est une question que l’on nous pose régulièrement.
La réponse dépend de plusieurs facteurs : l’essence de l’arbre, son âge, son implantation, la nature du sol et l’intensité de la sécheresse.
Un jeune arbre récemment planté est particulièrement vulnérable et nécessite une attention importante pendant les périodes sèches.
Mieux vaut privilégier un arrosage lent et profond, permettant à l’eau de pénétrer dans le sol jusqu’à la zone racinaire, plutôt que de petites quantités d’eau répétées en surface.
L’INRAE recommande notamment le paillage comme moyen de réduire l’évaporation de l’eau du sol.
La sécheresse, un nouveau défi pour nos arbres
Dans ce contexte, la préservation du feuillage, des racines et des réserves de l’arbre devient particulièrement importante. Un arbre disposant d’un système racinaire suffisamment développé et d’un feuillage adapté à son environnement possède généralement de meilleures capacités pour faire face aux périodes de stress hydrique.
C’est aussi pour cette raison que la taille raisonnée est importante, particulièrement lorsque les arbres sont déjà soumis à des épisodes de sécheresse et de fortes chaleurs.
Une taille sévère ou répétée entraîne une suppression importante de feuillage et peut réduire la capacité de l’arbre à produire et à reconstituer ses réserves. Elle peut également provoquer de nombreuses plaies de taille et perturber durablement son fonctionnement.
La sécheresse est aujourd’hui une contrainte supplémentaire à prendre en compte dans la gestion des arbres. Préserver leur capital racinaire, leur feuillage et leur structure grâce à une gestion adaptée contribue à renforcer leur capacité à supporter ces épisodes de stress.


